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Halte au gaspillage ! SKEMA s’engage !

Dernière mise à jour : mars 21

Il est le côté obscur de la société de consommation, j’ai nommé : le gaspillage ! Qu’il soit alimentaire, vestimentaire ou électronique, il est un véritable fléau. Les chiffres parlent d’eux même, 10 millions de tonnes, c’est le nombre de produits alimentaires jetés en France chaque année, 4 millions de tonnes, c’est le nombre de vêtements jetés par les Européens par an. Je continue ? Je préfère vous préserver de la migraine.


Les ménages ont généralement l’habitude de porter la responsabilité de ce phénomène de société. Or, qui dit phénomène de société dit implications de l’ensemble des acteurs qui la composent, non ? Effectivement, le gaspillage s’étend à l’ensemble de la chaîne de production alimentaire, vestimentaire…et tous ont un rôle à jouer pour l’éradiquer. Vivre sans gaspillage, quel joli projet…mais un projet de long cours.


Progressivement, l’économie circulaire s’est imposée comme solution au gaspillage. Elle est la représentation parfaite de l’adage « rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme ». Et cela, l’Etat semble l’avoir compris (tardivement avouons-le) puisque le 11 février 2016, un texte aux objectifs ambitieux fut promulgué. Y apparaît l’interdiction pour les distributeurs d’empêcher le glanage (pratique qui vise à rendre impropres à la consommation les invendus), la favorisation du don des invendus aux banques alimentaires ou encore, la prévention du gaspillage des particuliers et professionnels.

Mais ce n’est pas tout ! Également, la montée en puissance d’application anti-gaspillage comme Too Good to Go, Zéro-Gâchis, Vinted, Vestiaire Collective… amorcent une marche vers le progrès.


Mais alors, pourquoi le phénomène persiste-t-il ? Comment expliquer qu’en 2018 H&M ait été accusé de brûler 12 tonnes de vêtements invendus ? Comment expliquer l’arrivée du mouvement « freeganism » ; ces individus qui, par choix, font leurs courses dans les poubelles des grands magasins, pour protester contre le gaspillage ? Les progrès sont lents, voire inexistants. A Hope, nous avons mené l’enquête et sommes partis à la rencontre des Skémiens membres d’Enactus Lille. L’objectif ? En savoir plus sur le sujet et déterminer ensemble de véritables solutions !


Noa Nwande, responsable du pôle évènementiel à Enactus Lille, répond à nos questions.



Réflexion sur la société de consommation qui nous pousse à gaspiller


Q : Quel est ton rapport au gaspillage à l’heure actuelle ? Est-ce que cela a toujours été le cas  ?

Aujourd’hui je m’efforce de ne pas gaspiller et pour ça avant même l’achat d’un produit je me demande si je vais en tirer toute l’utilité qu’il m’est possible de tirer. J’essaie de transférer ce comportement aux produits vestimentaires aussi. C’est avant tout parce que j’ai pris conscience qu’il fallait que je change mes habitudes que je les ai changées, avant ça comme tout le monde je pense, je gaspillais beaucoup.


Q : J’imagine que comme beaucoup d’enfants, tu as dû entendre tes parents te dire « allez mange, pense un peu aux enfants dans le monde qui n’ont rien à manger ». Il y a un véritable enjeu moral derrière le gaspillage, Ségolène Royal disait même qu’il s’agissait de quelque chose d’« insupportable ». Si le gaspillage apparaît immoral, pourquoi on n’en vient pas à bout ?

Je pense que derrière le gaspillage il y a des fortes habitudes qui sont celles de consommer toujours plus – parce que c’est possible – sans trop se soucier des conséquences. Or l’abondance fait qu’il y a de quoi gâcher et gaspiller. Si dans certains pays cette pratique existe peu c’est tout simplement parce qu’il n’y a rien ou presque rien à jeter car tout est utile et nécessaire. Aujourd’hui on achète sans se demander quel est le vrai besoin derrière cet achat et c’est un effort que de faire cette réflexion. Et effort va mal avec confort.

Q : Que penses-tu des différentes mesures prises par le gouvernement pour éliminer le gaspillage ?

Ce sont des mesures qui partent de bonnes intentions et qui sans doute font leur effet. Mais à long terme c’est le changement des mentalités qui fera que la lutte contre le gaspillage ne sera plus nécessaire et rendra obsolète ce type de mesures.


Q : On a souvent tendance à faire porter le chapeau aux ménages pour le gaspillage. Est-ce que pour toi il s’agit de l’acteur principal à blâmer ?

Je pense qu’en cherchant quelqu’un à blâmer chaque agent se déresponsabilise. Si chacun assumait sa part de responsabilité dans le gaspillage, à chaque échelle le problème trouverait sa solution. Les ménages ne peuvent pas régler le problème de gaspillage des entreprises et vice versa. Chacun doit agir à son échelle.


Q : Beaucoup de sociologistes comme par exemple J.Baudrillard affirme que « nous avons besoin de consommer…et même de gaspiller » afin d’avoir de la valeur sociale aux yeux des autres (gaspiller, c’est un signe d’abondance). Une réaction ?

C’est une mentalité de surconsommation et un désir d’avoir plus que les autres mais surtout de leur montrer. Or ce n’est pas une fatalité. Les mentalités se construisent et se déconstruisent. Celle-ci est à déconstruire.


Le projet Enactus Lille, l’association qui veut faire bouger les choses !


Q : Vous avez mené plusieurs projets qui vont dans le sens d’une réduction du gaspillage. Vous pouvez nous parler de ce projet Recyc’lille ?

Recyc’lille c’est la confection de soupe et de jus à partir des invendus du marché. On réintroduit dans une chaine de valeur des produits comestibles qui ont été jugés non-utilisables. Ce sont des produits que les marchands ne souhaitent pas garder et qu’ils laissent sur les marchés. Ils sont ensuite ramassés puis jetés, et on parle là de tonnes de produits alimentaires frais – ça semble inconcevable.


Q : Quels ont été les résultats de vos actions ? (Sur les étudiants…)

On a été très heureux de constater que plus de la majorité des personnes qui ont goûté nos soupes et nos jus a été plus que satisfait et surpris du rendu. C’est aussi la preuve qu’il y a un grand a priori sur les invendus, ce qui explique le gaspillage.


Q : A terme, quels seraient vos objectifs ?

A terme, on envisage la transformation des invendus de tous les marchés de France. Recyc’Lille ça pourra aussi être Recyc’Amiens ou Recyc’Bordeaux.


Des solutions faciles d’étudiants pour lutter contre le gaspillage


Q : Qu’est-ce que tu as décidé de changer dans ta façon de consommer pour limiter le gaspillage ?

Je ne fais plus les courses quand j’ai faim. C’est la porte d’entrée du gaspillage parce qu’on achète beaucoup, à hauteur de notre faim, mais on n’en consomme pas la totalité (ça évite de se retrouver avec des anchois dans son panier et se rendre compte à la maison qu’on n’aime pas ça en fait, true story). En plus c’est très économe comme technique.


Q : Les légumes et les fruits sont les aliments les plus gaspillés. Tu aurais une recette à nous donner pour éviter de les gaspiller ?

La soupe et le smoothie ! Ça redonne une seconde vie à tout !


Q : Ta phrase favorite à quelqu’un pour le convaincre de ne pas gaspiller ?

T’en n’as pas marre de nourrir les rats ?

Par Lilou Rollin



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