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Interview de “Café Joyeux”, une initiative d'insertion des personnes en situation de handicap

Mis à jour : mars 21


Emmanuel Macron a inauguré le lundi 9 mars 2020 à Paris, sur les Champs Elysées, le quatrième Café Joyeux, premier coffee shop en France qui forme et emploie des personnes en situation de handicap mental ou cognitif.

Néanmoins, le handicap reste encore trop peu médiatisé. 24% de la population active est en situation de handicap et 80% des handicaps ne sont pas immédiatement visibles. Inévitablement, les personnes invalides sont victimes de discriminations. Il est donc nécessaire de rétablir une égalité, comme celle concernant l’accès à l’emploi.

C’est dans ce contexte que des initiatives comme celles prises par Café Joyeux font toute la différence.


Cécile Gillot, responsable du site Internet de HOPE Lille et Mathieu Dupuy responsable de La Lilloise au sein du pôle communication de HOPE ont interviewé Emeric Broudehoux, bénévole et leader des opérations du futur Café Joyeux Lillois.


Introduction


Pourquoi avez-vous rejoint Café joyeux ?


J’ai vu l’inauguration d’un Café joyeux à Paris sur Facebook. J’ai trouvé que ça générait tellement de bonheur. Et je me suis dit « c’est absolument extraordinaire, je vais appeler le fondateur de Café Joyeux et lui dire que quelle que soit sa formule de développement, il faut qu’il m’accorde l’ouverture d’un Café Joyeux à Lille. » Il m’a donné 2 conditions : Café joyeux à Lille ne peut pas être une franchise, qui en cas de non-succès serait fermé, or un Café Joyeux ne doit jamais fermer. Et le Café Joyeux à Lille sera du bénévolat. La 2ème condition était de se présenter avec une équipe. Donc aujourd’hui, je suis bénévole et leader d’une équipe de 6 pour piloter l’aventure de ce Café Joyeux.

Vu la difficulté du combat très médiatisé pour l’égalité des sexes, que pensez-vous de l’évolution d’un combat moins médiatisé : celui du handicap ?


Je trouve que ça évolue positivement. Il y a énormément d’initiatives, comme Café Joyeux, qui poussent le regard favorablement sur le handicap. Le 9 mars, le dernier café en date a ouvert aux champs et a été inauguré par le couple présidentiel. Ça a fait la une des journaux. Ce genre d’initiatives privées mettent le handicap au cœur de l’actualité. La grande spécificité de Café Joyeux est de mettre nos différences au cœur de nos villes et de nos vies.


La discrimination liée au handicap


Souvent, quand on se retrouve face à une personne en situation de handicap, on ne sait pas comment agir, comment se comporter. Qu’est-ce que vous conseilleriez aux gens pour qu’ils soient plus à l’aise dans ce genre de situation ?

Le rapport humain est tout de suite beaucoup plus simple. Lors des entretiens, ces futurs équipiers joyeux vont arriver avec leur fragilité. Quand il y a une question qui les dérange ils vont le dire. Il y a un plaisir dans ces échanges simples, tout est plus simple ou moins sophistiqué que ça peut l’être dans le monde dit « ordinaire » entre personnes « ordinaires », et là c’est un moment vraiment extraordinaire avec des personnes où les rapports humains sont tout de suite beaucoup plus simples. Ici la rencontre se fait très facilement avec nos fragilités.

En France le handicap est reconnu comme étant un facteur de discrimination. Observez-vous cette discrimination dans votre quotidien ?

La grande nouveauté de Café joyeux c’est que ce sont majoritairement des personnes en situation de handicap. L’autre puissance de Café Joyeux c’est cette notion de famille. Aujourd’hui il y a beaucoup d’initiatives locales, d’un café, d’une enseigne de distribution qui vont mettre des personnes en situation de handicap. Ce sont toutes ces initiatives privées qui mettent au cœur de nos vies ces différences, qui feront naturellement profondément changer les regards.




En effet, souvent, quand on se retrouve en contact avec une personne en situation de handicap, un sentiment de malaise nous prend, on ne sait ni comment agir ni comment parler. Ce malaise peut s’expliquer par la peur  de l’inconnu ou de l’imprévisible du handicap. Mais on oublie souvent ce que la personne en situation de handicap peut ressentir.


Trop souvent oubliées, les personnes handicapées, subissent une discrimination à l’embauche. Il y a une méfiance et une ignorance vis-à-vis du handicap, les entreprises peuvent avoir peur du coût d’aménagement du poste de travail. Or, un employé handicapé coûte deux fois moins cher qu’un employé traditionnel en termes de charge en vue des aides financières disponibles.



Rédigé par Fatima Azahra EL OUFIR et Vincent AUROQUE

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