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La pollution numérique

Nous connaissons depuis plusieurs années l’ère du numérique, elle transforme notre quotidien par des évolutions technologiques permanentes. De l’achat d’un smartphone à la visualisation d’une vidéo, en passant par l’envoi d’un mail, nos actions quotidiennes polluent sans même que l’on s’en rende compte. Nous allons aujourd’hui parler d’une pollution nouvelle, parfois invisible, qui consomme notre planète à petit feu : la pollution numérique.


L’objectif de cet article n’est pas de culpabiliser, ou encore, de faire peur mais dans un premier temps de prendre conscience que nos gestes journaliers liés à l’utilisation du numérique ont un impact non négligeable sur l’environnement.


La pollution numérique désigne la pollution engendrée par toutes les nouvelles technologies. Pour bien comprendre, nous pouvons en distinguer les deux éléments principaux : la fabrication de nos équipements informatiques (ordinateurs, smartphones, tablettes, etc.), ainsi que le fonctionnement d'internet (transport et stockage des données, fabrication et maintenance de l'infrastructure du réseau).


La pollution liée à la fabrication de nos équipements informatiques, la plus visible, vient principalement de l’extraction minière pour créer les composants de nos outils. Cette pollution est également liée au transport et à l’assemblage de ces composants qui se font, bien souvent, sur différentes parties du globe. Avant même d’être utilisé, un téléviseur émet autant de CO₂ qu’un aller-retour Paris-Nice en avion.


C’est marrant, dans cette ère numérique, plus on « dématérialise », plus on utilise de matière. Cela est dû à notre consommation de nouvelles technologies. En effet, les dernières évolutions nous incitent à toujours vouloir passer plus rapidement à un modèle supérieur, plus puissant et plus performant. Nous changeons en moyenne tous les 2 ans, plus précisément tous les 21 mois, de téléphone en France. Des solutions existent pour les férus de nouvelles technologies (comme les téléphones ou autres appareils reconditionnés) dont le site « Backmarket » est aujourd’hui l’emblème. La meilleure solution serait de prolonger leur durée de vie afin de limiter les impacts environnementaux, mais cela aurait directement un impact financier négatif pour les fabricants.


La pollution liée au fonctionnement d'internet ne peut pas être perçue réellement, mais son impact prend de l’ampleur ces dernières années. Il est important de se rappeler que le réseau internet n’est pas « immatériel » : il est composé d’une multitude d’équipements informatiques (ordinateurs, câbles, antennes, etc.), qui permettent de stocker et de transférer des données (vidéos, photos, emails, pages web, etc.). Il faut donc comprendre que lorsque nous regardons une vidéo Youtube, un live Twitch ou le simple envoi d’un mail, cela pollue.

Exemple frappant, le secteur informatique et numérique est responsable aujourd’hui de 4 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre. Ce chiffre peut paraître faible car nous sommes presque 4,5 milliards d’internautes, donc notre impact est noyé dans cette masse d’utilisateur connectés, pourtant 1 email stocké génère à lui seul 10 grammes de CO2. Combien en avez-vous dans votre boîte actuellement ? Et celle que vous avez créée il y a 5 ans pour ne pas recevoir de pub sur votre adresse principale ?

L’ensemble de nos données numériques est stockée dans d’immenses datas center, refroidis par des climatiseurs 24h/24h pour éviter la surchauffe. Ces centres de stockage sont même aujourd’hui enfouis sous la mer tant leur consommation en énergie est forte. Les datas center consomment autant qu’une ville de 50 000 habitants.

L’autre grand pollueur est le streaming vidéo qui représente 61% du trafic web. Nous regardons quotidiennement des vidéos sur de nombreuses plateformes. Cependant, il faut savoir que la consommation mondiale de streaming vidéo (VoD, pornographie, clips musicaux, etc.) émet chaque année 300 millions de tonnes de CO₂. A notre échelle, visualiser une vidéo de 10 minutes en ligne est équivalent à 10 jours de consommation électrique d’un smartphone, pas mal quand on le recharge en moyenne deux fois par jour !


Alors que faire ? Baisser les bras ? Se dire que c’est la faute des GAFAM et que nous on ne peut rien faire ? Ou se changer les idées en allant regarder une vidéo ? A tout problème existe une solution. Étant donné que notre génération est liée à cette ère du numérique, des mesures brutales sont inefficaces.


Hope vous propose :

  • D’acheter d’occasion et "low-tech" si vous n’avez aucun autre choix que l’achat. Privilégiez les appareils reconditionnés.

  • Refusez les “objets connectés”. Avons-nous vraiment besoin d’un assistant virtuel dans notre vie ?

  • Évitez à tout prix la 4G pour lire des vidéos. La 4G consomme 23 fois plus d’énergie (et donc émet d’autant plus de gaz à effet de serre) que le WIFI. Et posez-vous la question : “ai-je vraiment envie de regarder cette vidéo ?”

  • Faites régulièrement le ménage dans vos emails, et videz votre corbeille ! Évitez également d’envoyer des pièces jointes lourdes à plusieurs destinataires.

  • Ne stockez que le strict nécessaire sur le cloud, et désactivez la synchronisation avec votre smartphone.

  • Enfin, éteignez votre box internet la nuit et durant vos absences.


Gauthier Sigalas


Sources : Greenpeace – Inc : Institut national de la consommation.

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